Six jours ont passé depuis les dernières news. Il s’en est passé des choses !

Nous avons terminé l’acquisition du premier profil sismique (profil Nord-Sud et parallèle aux marges du bassin de Grenade) et nous sommes actuellement en passe de finir le second (récupération des OBS en cours).

Ce dernier, d’une direction globalement Est-Ouest, débute au Nord de St-Vincent (à l’Est) et se termine à l’aplomb de la ride d’Aves (à l’Ouest) (Cf. Carte de localisation) .

Transversal au bassin, ce transect nous permettra d’imager, en coupe, la structure du bassin sédimentaire et de son socle, et ce, d’une extrémité (marge) à l’autre. Nous serons donc à même de mieux contraindre la dynamique de la formation du bassin dans l’espace et le temps. Il s’agira, in fine, d’apporter des pièces nécessaires à la reconstitution du puzzle que constitue l’histoire géologique de l’arc des Petites-Antilles.
Pour réaliser une bonne interprétation géologique il faut, en support, des images de qualité. Pour ce faire, nous avons recours aux procédés de contrôle qualité et de traitement depuis l’acquisition jusqu’à l’obtention de l’image finale. Ils nous permettent de passer des données brutes aux profils sismiques finaux, prêts à être interprétés. Ces deux éléments sont donc cruciaux pour la suite des opérations.

En quoi consistent l’acquisition de la SMT et le traitement des données ?

L’acquisition SMT : Pour rappel, les signaux sismiques émis par les canons à air sont enregistrés par les hydrophones de la flûte après qu’ils se soient réfléchis sur les différentes interfaces géologiques des 30 premiers kilomètres de la terre. Ces données arrivent jusqu’au conteneur d’acquisition où s’effectuent l’enregistrement et le contrôle qualité. L’équipe d’acquisition, par le biais de leurs écrans, s’assure que le dispositif flûte-canons fonctionne correctement, et ce, 24h/24. Ils ont accès aux différents paramètres de l’acquisition, tel que la profondeur de la flûte par exemple, et effectuent une correction si d’aventure l’un d’eux varie trop (Cf. Photo du local d’acquisition sismique).


La deuxième phase du contrôle qualité est effectuée sur le logiciel QCSolid de l’IFREMER (QC pour Quality Check). Ce software nous permet, en post-acquisition, de contrôler à nouveau la qualité des enregistrements de façon plus fine et d’effectuer des opérations de prétraitement. A ce stade nous savons si les données sont de qualité mais elles nécessitent des traitements plus avancés pour pouvoir être interprétées plus finement. On les envoie alors au local de traitement. Le traitement de la SMT : Globalement, le traitement consiste à trier et organiser des données individuelles (signal enregistré par chacun des hydrophones, pour chacun des tirs et sur l’ensemble du profil) pour qu’elles forment une section somme : le profil sismique.

Extrait d’une petite partie d’un profil de SMT.

Le traitement permet en particulier de nettoyer le signal des bruits (signaux indésirables), qui peuvent être de sources diverses et variées et qui polluent la donnée (qui cachent les réflexions utiles). Pour ce faire, on utilise le logiciel Géovation de la CGG. Il s’agit alors de configurer une chaîne de traitement fonctionnelle et adaptée aux données. Elle sera composée d’une multitude d’opérations (jobs) qui seront effectuées les unes après les autres, telles que des tris ou des filtres de fréquence par exemple, et de de nombreux pointés. La progression s’effectue par aller-retour constant entre les différentes étapes. La condition sine qua none pour l’obtention d’un profil sismique de qualité est d’avoir un paramétrage et un déroulé adéquats pour chacun de ces jobs. Le traitement fait à bord doit suivre le rythme cadencé de l’acquisition. Or, la qualité de l’image finale dépend de la précision de la chaîne de traitement. Plus une chaîne de traitement est efficace et précise, plus elle est longue à configurer et à « faire tourner ».

Il convient donc, à bord, de trouver un juste équilibre entre le temps de traitement et la qualité d’image en sortie. La chaîne de traitement, dite de bord, nécessitera une autre phase de configuration, plus fine, une fois à terre et qui permettra de rendre la donnée publiable.

Milton Boucard